Albert-Einstein-1921

“C’est comme ça qu’on apprend le plus, en faisant quelque chose avec tant de plaisir qu’on ne voit pas le temps passer”.

- Albert Einstein dans une lettre à son fils de 11 ans.

(source photo)

Lors des discussions sur les problèmes du système éducatif actuel, celui qui revient le plus souvent est le manque de motivation des élèves. Rien de surprenant quand on sait qu’une grande partie de l’enseignement est déconnecté de tout contexte : les élèves doivent savoir résoudre des problèmes abstraits et mémoriser des informations souvent sans pertinence avec leur vie présente ou future. Pas étonnant qu’ils n’y trouvent aucun intérêt.

Elève qui s'ennuie en cours avec un livre sur la tête

Un élève en plein épanouissement ?

La carotte ou le baton ?

Dans la vie de tous les jours, on ne se met pas à apprendre sans une bonne raison. On ne se penche sur un sujet que quand il nous plait ou qu’on cherche à régler un problème qui nous importe. C’est ce but final qui nous motive et qui rend naturel l’apprentissage, c’est pourquoi on apprend beaucoup mieux par soi-même en poursuivant un intérêt qu’en y étant forcé. Notre curiosité est l’allié le plus précieux de l’éducation : se creuser la tête sur quelque chose dont on se moque n’a rien de naturel ni de motivant. La clé de la motivation réside dans le fait que chaque chose ait un sens et présente de l’intérêt en soi.

Il faut donc faire passer les élèves du mode “je dois connaitre ça pour avoir mon bac” au mode “j’apprends parce que c’est intéressant”. C’est seulement comme ça que nous pourrons redonner du sens à l’apprentissage.

 

Elève obligé d'apprendre la tête dans son livre de cours

“Courage, c’est pour ton bien.”

“Pourtant il est motivé, quand il veut…”

Pensez au succès des jeux vidéos. Ils sont si populaires car les problèmes qu’ils apportent correspondent toujours à un but à atteindre motivant pour le joueur : découvrir le niveau suivant, trouver un objet rare, sauver le monde, etc. Seul ce but peut donner au joueur assez de motivation pour essayer des centaines de fois de surmonter un obstacle. C’est ce but motivant qui fait défaut dans l’éducation actuelle.

Un jeune se met dans la peau d'un héro en jouant à un jeu vidéo

Un héro en action

Et ce n’est pas un problème de génération, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas démotivés par nature. Pour preuve, ils connaissent souvent mieux les technologies que leurs parents, non pas parce qu’on les force à les connaitre, mais parce qu’ils y trouvent un plus grand intérêt. Et pourquoi un tel intérêt ? Car les technologies leurs permettent d’échanger, de jouer, et de découvrir une infinité de choses. Avec tant de raisons de s’impliquer, ils apprennent sans même sans rendre compte.

Rendre l’école ludique

Si nous voulons que les élèves aient la même motivation en classe, nous devons donc leur proposer des activités ayant des buts intéressants. Une activité dont le but serait de gonfler 50 ballons ne serait pas vraiment motivante, mais si l’objectif final est d’utiliser ces ballons pour faire s’envoler une caméra miniature et filmer son ascension, vous pouvez être sûr d’attiser les curiosités.

Appareil photo attache à des ballons

S’exposer régulièrement au soleil évite les carences en vitamine D

Plusieurs projets peuvent ensuite être mixés. Par exemple, le club de peinture de l’école peut entreposer des oeuvres sur le sol de la cour pour former une peinture géante, qui sera filmée par cette caméra volante. Les élèves pourront ensuite montrer cette vidéo comme faisant partie d’un projet auquel ils ont participé.

Qui plus est, il est très facile d’inclure des objectifs pédagogiques dans ce type d’activités. Pour rester sur le même exemple, afin d’enseigner des valeurs sur l’environnement, on expliquera que ces ballons gonflables finissent généralement dans la nature et peuvent être dangereux pour certains animaux. On demandera alors aux élèves de réfléchir à des solutions pour éviter de perdre leurs ballons, ce qui sera une occasion pour eux d’apprendre l’écologie, le travail d’équipe, la résolution de problèmes, et tout ça de manière ludique.

Un exemple à suivre

Revenons un instant sur les jeux-vidéos. Lorsqu’on pose la question “quel est votre secret pour faire des jeux si réussis ?” aux meilleurs créateurs, leur réponse est souvent “je crée simplement ce à quoi j’aimerais jouer”. C’est un bon résumé du message de cet article. Prenons exemple et enseignons comme on aurait aimé apprendre.

Enfant qui joue à un jeu-vidéo sur ordinateur

Objectif : apporter cette expression en classe !

(sources photos : 1, 2, 3 : Pure West Films, 45)

Chaque époque a ses visionnaires. Isaac Asimov était l’un d’entre eux. Voici ce qu’il pensait de l’éducation en 1988 (traduit de cette interview) :

“Au lieu de l’éducation de masse que nous avons actuellement, quand on aura des ordinateurs dans chaque maison, chacun d’entre eux connecté à d’énormes bibliothèques, où quiconque pourra poser n’importe quelle question et recevoir des réponses et des références sur ce qui l’intéresse, depuis son plus jeune âge, […] et qu’on pourra le faire dans sa propre maison, à sa propre vitesse, dans sa propre direction, quand on voudra, alors tout le monde aimera apprendre. De nos jours, ce qu’on appelle “apprendre” nous est en fait imposé, et tout le monde est forcé d’apprendre la même chose, de la même manière, à la même vitesse, en classe. Et chacun est différent, pour certains ça va trop vite, pour d’autre trop lentement, pour d’autres dans la mauvaise direction. Mais donnez-leur une chance […] de suivre leurs propres intérêts depuis le début…”


Isaac Asimov lors d'une interview de 1988

Isaac Asimov