Conseils et idées

Vous trouverez ici de nombreux conseils pour inverser votre classe. Découvrez comment encourager vos élèves à utiliser les ressources, comment les noter, les aider, les motiver, les rendre actifs et créatifs, etc.

Cette page étant une peu longue, voici un sommaire des points abordés :

I. Recommandations pédagogiques
II. Comment noter vos élèves
III. Suggestions pour la progression de groupe
IV. Suggestions pour la progression individuelle
V. Idées pratiques

I. Recommandations pédagogiques

1. Intéressez vos élèves : expliquez-leur en quoi votre domaine vous passionne, les surprises et les mystères qu’il recèle, ce qu’on y a accompli durant l’histoire, ce qu’il promet pour l’avenir, etc.

2. Attisez leur curiosité : rendez vos élèves curieux en les aidant à faire des connexions entre ce qu’ils apprennent et ce qui les intéresse déjà. C’est un des points fort du modèle inversé, il vous permet de connaitre les intérêts de vos élèves et de vous en servir pour leur donner envie de découvrir d’autres choses. La curiosité est un excellent facteur de motivation.

3. Engagez leur réflexion : les vidéos ne sont pas une fin en soi, elles sont un outil qui s’inscrit dans le cadre plus large d’un apprentissage par la découverte et la pratique. On apprend bien mieux lorsqu’on est intéressé et actif. Il ne suffit donc pas de gagner l’attention de vos élèves, il faut aussi leur donner la possibilité de se creuser la tête. Regarder un professeur résoudre un problème au tableau n’augmente pas la capacité des élèves à résoudre des problèmes. Votre rôle est d’encourager la réflexion, la discussion et la collaboration autour de problèmes complexes et de projets d’équipes.


Quand vos élèves abordent de nouveaux concepts, faites en sorte qu’ils y réfléchissent par eux-mêmes avant de leur donner la solution. Répondez à leurs questions par d’autres questions. Faites-leur chercher des situations concrètes où le concept en question serait utile, demandez leur d’émettre des hypothèses sur un phénomène particulier et d’imaginer des expériences qui pourraient confirmer ou infirmer ces hypothèses. Leurs théories pourront ensuite être discutées en groupe et testées quand c’est possible. C’est l’occasion de leur apprendre à structurer un raisonnement, par exemple en commençant par lister les éléments pouvant entrer en jeu dans le phénomène étudié.

Cette approche est la base de la méthode scientifique : observer, analyser, tester. Plus vos élèves auront l’habitude de réfléchir et de chercher plutôt que d’attendre qu’on leur serve l’information sur un plateau, plus ils seront autonomes et curieux.

Assurez-vous simplement qu’ils aient bien les connaissances préalables pour pouvoir faire ces raisonnements, sans quoi ils risquent de se décourager. Les phases “d’accroche” doivent être de difficulté raisonnable et représenter un challenge tout en restant à leur portée.

4. Utilisez la pédagogie active : la pratique est le meilleur professeur. Si vous souhaitez que vos élèves apprennent la coopération, ce n’est pas en leur faisant lire un livre sur le sujet que vous leur donnerez la meilleure instruction mais bien en les faisant coopérer sur un projet. Rendez-les acteurs de leur apprentissage en leur faisant faire des projets, des simulations, des jeux de rôles, etc. C’est ce qu’on peut appeler l’apprentissage latéral, ou apprentissage indirect, qui découle de la pédagogie active et qui consiste à transmettre des valeurs et des réflexes par des moyens détournés. Pour voir ce que ça donne concrètement dans une salle de classe, je vous recommande cette excellente conférence de John Hunter (sous-titres disponibles en français).

5. Ouvrez-les au monde extérieur : les projets sont un bon moyen pour vos élèves de se découvrir de nouveaux intérêts : culture, hobbies, vie associative, et même vocations. Ils permettent aussi de rencontrer du monde. Montrez-leur que vous appréciez quand ils prennent contact avec des gens extérieurs pour avancer dans leur travail. Interviewer un professionnel ou quelqu’un qui a une passion est un excellent moyen d’apprendre et d’améliorer ses relations sociales. Au passage, cela leur permet de se faire un réseau qui pourra s’avérer très utile pour leur avenir.

6. Faites en sorte que vos élèves puissent vivre des victoires régulières : c’est-à-dire des moments de réussite comme la résolution d’un exercice, d’un problème ou d’une énigme, ou encore des moments de découverte ou de compréhension lorsqu’une chose fait “tilt”. Ce sont ces petites victoires qui rendent le sudoku et les mots croisés si populaires. L’effort mental devient agréable lorsqu’il apporte souvent de tels moments. Il est donc important qu’ils aient toujours un retour rapide sur leur performance. C’est une chose à retenir quand leur travail est un projet qui va se dérouler sur un certain temps et qu’ils ont besoin de garder leur motivation tout le long : veillez à les motiver et les féliciter régulièrement sur leurs progrès.

7. Encouragez l’entraide : expliquez à vos élèves que vous attendez d’eux qu’ils soient toujours prêts à s’entraider (cela peut même rentrer en compte dans une note de participation). Vous devrez leur apprendre à être de bons tuteurs, c’est-à-dire à savoir écouter, motiver, ne pas juger, ne pas donner la réponse à l’autre mais faire en sorte qu’il la trouve par lui-même en lui posant des questions qui le mettent sur la voie, etc. Ils mettront sûrement un peu de temps avant d’avoir le réflexe de coacher plutôt que de faire le travail pour l’autre, et il faudra probablement plusieurs discussions pour que tout le monde soit au clair sur la bonne façon d’aider, mais c’est un point qui mérite qu’on y revienne dès que nécessaire.

Les interactions sociales sont très importantes pour une bonne ambiance de classe, veillez-donc à ce que l’entraide et l’ouverture soient présentes, et soyez à l’affût de tout conflit ou malaise pour les régler au plus vite.

8. Incitez-les à prendre des notes : c’est surtout important quand ils parcourent les ressources mises en ligne (vidéos ou autres). C’est l’occasion pour eux de noter toute question éventuelle, qu’ils pourront ensuite vous poser en classe, ou bien poser immédiatement sur un outil en ligne. Certains professeurs utilisent des LMS pour répondre directement aux questions des élèves sur la page où se trouve la ressource de cours. Ces échanges restent ensuite visibles par tous, ce qui peut s’avérer très pratique pour les élèves. Les plus timides pourront toujours poser leur question anonymement s’ils craignent de dire des bêtises. Ces notes sont aussi un moyen pour vous de vous assurer qu’ils sont sérieux, de voir s’ils ont compris les points importants de chaque leçon et de modifier le cours lorsqu’ils semblent passer à coté de l’essentiel.

Conseil pratique : si vous préparez vos leçons sur un support tel qu’un fichier PowerPoint qui vous sert de guide lorsque vous faites vos vidéos, c’est une bonne idée de partager ce document avec vos élèves. Si vous comptez l’imprimer et leur en donner un exemplaire chacun (ce qui est aussi une bonne idée), profitez-en pour leur laisser de la place afin qu’ils puissent prendre des notes directement sur ces pages, à coté de chaque point expliqué dans la vidéo. Une fois en classe, vous verrez tout de suite qui a travaillé sur le document et qui ne l’a pas utilisé.

9. Soyez concis : quand vous concevez vos vidéos et autres ressources, faites comme si vos élèves avaient de graves déficits d’attention. N’espérez pas qu’ils fassent tous preuve d’une patience exemplaire, pensez donc à ceux qui ont du mal à rester concentrés et allez à l’essentiel. Ensuite, selon si vous préférez exiger de vos élèves qu’ils aient vu vos ressources avant de venir en classe où plutôt qu’ils fassent selon leur préférence, la longueur de vos ressources peut varier. En effet, s’ils préfèrent apprendre les uns auprès des autres, mieux vaut leur proposer des ressources courtes (par exemple des vidéos de quelques minutes) qui vont droit au but et qu’ils pourront consulter rapidement en classe si besoin. Plus vos élèves sont jeunes, plus vos vidéos doivent être courtes. De manière générale, essayez de ne jamais dépasser les 10-15 minutes, même pour des élèves de lycée, et n’abordez qu’un seul sujet par vidéo.

10. Bougez : Ne restez pas à votre bureau pendant les heures de classe, déambulez parmi vos élèves, car même si vous leur avez dit de lever la main en cas de problème, ils seront souvent hésitants à demander votre aide si vous n’êtes pas juste à coté d’eux. C’est particulièrement important lors de vos débuts avec la classe inversée. Par la suite, ils seront moins frileux et vous appelleront plus facilement de l’autre bout de la salle, mais dans les premiers temps il est important de passer auprès d’eux pour qu’ils prennent l’habitude de vous “déranger”.

11. Soyez sensible à leur liberté : c’est un point qui va varier en fonction de vos méthodes et des règles de l’école, mais les professeurs qui ont donné à leur élèves plus de liberté ont souvent été agréablement surpris du niveau de maturité dont ils ont fait preuve. Si vous mettez en place de nouvelles règles (autorisation de manger en classe et d’écouter de la musique dans leurs écouteurs par exemple) en prenant soin de leur expliquer qu’ils devront se montrer responsables s’ils veulent garder ces privilèges (exemple : la classe doit toujours rester très propre, un élève doit toujours être disponible si on veut lui parler, etc), cela pourra avoir un impact positif sur l’ambiance et la motivation générale. Si vous avez déjà vu un groupe d’élèves en pleine révision avant un examen, vous avez une idée du niveau de concentration dont ils sont capables quand ils sont plus libres.

12. Soyez humble : si quelque chose que vous avez mis en place ne marche pas, admettez votre erreur et corrigez-la au plus vite.

II. Comment noter vos élèves

La notation est un sujet sensible. Chacun a son idée sur la question, et les professeurs n’ont pas toujours le choix quant à leur façon de procéder au sein de leur établissement. Néanmoins, voici quelques idées que vous pouvez mettre en place si vous le désirez et si vous le pouvez. Piochez celles qui vous intéressent. Toutes ne sont pas forcément pertinentes en fonction de votre type de classe et de votre choix de modèle pédagogique, c’est donc à vous de juger.

13. Note de critique : en les faisant se juger mutuellement leurs travaux, ils apprendront à se montrer objectifs et mesurés lors de leurs critiques. En pratique, lorsqu’un élève doit rendre un travail, faites-lui donc d’abord partager ce travail avec un ou deux de ses camarades, qui vont l’analyser et devront rendre leur avis à l’élève. Celui-ci devra alors prendre en compte les remarques et peaufiner son travail, puis vous le rendre une fois terminé.

Pour encourager la critique constructive, vous pouvez préparer des “fiches d’analyse” avec les parties “points positifs” et “points négatifs” (ou “remarques sympa” et “remarques sévères”). Demandez-leur d’écrire au moins trois choses dans chaque partie. Il peut aussi y avoir une partie “suggestions”. Pour les aider à analyser un travail, vous pouvez inclure dans chaque fiche une liste de mots clés qu’ils pourront utiliser pour construire leur critique, par exemple : clarté des explications, effort de recherche, raisonnement, créativité, travail divertissant, etc. Pour vous assurer que les critiques soient utiles et encourageantes, vous pouvez donner des points supplémentaires aux élèves quand ils remplissent bien ces conditions.

14. Note de participation en classe : l’élève propose-t-il son aide spontanément ? La propose-t-il seulement à ses amis ? Est-il hermétique à toute discussion ? L’ambiance de classe sera plus agréable si vos élèves sont actifs et disponibles. Il n’est pas impératif d’instaurer une note de participation pour obtenir une bonne ambiance, mais si vos élèves sont difficiles et ont besoin de plus de discipline, c’est à envisager.

15. Note de progression : notez vos élèves en fonction des progrès qu’ils font dans leur travail. Cela peut paraître contradictoire avec la philosophie “chacun avance à son rythme”, mais c’est un moyen d’éviter le relâchement tout en restant souple. Deux options sont possibles, l’une n’est faisable que si vos élèves suivent une progression individuelle, tandis que l’autre concerne la progression classique :

- pour la progression individuelle, il s’agit surtout de les noter en prenant en compte leur capacité. Cette note est donc un peu subjective et il vous faut bien connaitre vos élèves pour savoir quand ils ont réellement fait des efforts ou quand ils se sont relâchés. Si vous utilisez le modèle dans lequel les élèves fixent leurs propres objectifs de la semaine ou du mois, vous pourrez prendre ces objectifs comme base de notation (une fois que vous les aurez approuvés). Cette option peut même être discutée avec eux en début d’année scolaire, pour déterminer, par exemple, la pénalité pour chaque jour de retard. Ils seront plus enclins à accepter cette règle si elle a été décidée d’un commun accord.

- pour la progression classique (toute la classe avance au même rythme), vous devrez fixer régulièrement (par exemple chaque semaine) des objectifs à atteindre, qui seront les mêmes pour tous les élèves. La note que vous mettrez à chaque élève dépendra de la quantité d’objectifs qu’il aura atteint à la date limite. En pratique, cela peut donner quelque chose comme : “Tests réussis pour les chapitres 1 à 4 = 20/20. Tests réussis seulement pour les chapitres 1 à 3 = 15/20. Tests réussis seulement pour les chapitres 1 et 2 = 10/20. Test réussi seulement pour le premier chapitre = 5/20. Test raté au premier chapitre = 0/20″. On voit ici que, même si les élèves avancent globalement au même rythme, chacun d’eux est encouragé à ne pas prendre de retard grâce à des objectifs bien identifiés.

16. Note d’examen écrit : la bonne vieille méthode. Vous pouvez autoriser vos élèves de repasser un examen autant de fois qu’ils le veulent, pour peu que vous ayez différents examens à proposer pour un même sujet. Pour vous faciliter la tâche, il peut être utile d’utiliser des outils en ligne qui vont générer des exercices automatiquement (pour les matières scientifiques), ou proposer une série de questions choisies aléatoirement parmi un lot de questions préenregistrées (ces outils seront disponibles prochainement dans la section “outils et ressources”). Ces outils sont surtout utiles si vos élèves suivent une progression individuelle, puisque si vous proposez le même examen à vos élèves et qu’ils ne le passent pas tous en même temps, le risque de triche est trop important.

17. Note d’examen oral : la souplesse du modèle de classe inversée vous permet de passer du temps avec chaque élève sans ralentir les autres. Profitez-en pour leur proposer un examen oral, qu’il peuvent éventuellement passer quand ils le désirent. Dès qu’un élève se sent prêt à être interrogé sur un sujet, il n’a qu’à vous demander quelques minutes de votre temps. Là encore, vous pouvez les autoriser à passer plusieurs fois l’examen s’ils pensent pouvoir faire mieux après avoir travaillé un peu plus. Cette note pourrait même être facultative, et ne compter que si elle augmente leur moyenne. L’intérêt est de les mettre à l’aise et de leur donner envie de faire des efforts.

18. Note de travail libre : tout travail qui n’est pas formellement prévu par vous mais qui a été fait par un élève peut être noté. Par exemple, si un élève a fait, de sa propre initiative, un projet en lien avec un sujet de cours (un modèle physique, une présentation, une vidéo, un tutoriel, une interview, etc.), n’hésitez pas à le féliciter avec une note qui rentrera en bonus dans sa moyenne.

19. Note périodique : plutôt que de noter les élèves sur leurs différents travaux, vous pouvez leur donner une note globale chaque semaine (par exemple). Pour cela, il vous faut écrire tout ce qu’ils auront fait sur cette période (en positif et en négatif), et éventuellement le partager avec eux en ligne pour qu’ils comprennent leur note et qu’ils sachent comment s’améliorer. Cette idée est surtout pertinente si vous utilisez la pédagogie de maîtrise car elle permet de mettre des notes allant de 0 à 20/20 tout en ayant un modèle qui impose aux élèves d’obtenir des notes élevées pour progresser dans le programme.

III. Suggestions pour la progression de groupe

Les idées suivantes sont applicables uniquement si votre classe suit le modèle classique de la progression en groupe, c’est-à-dire où tous les élèves avancent au même rythme.

20. Proposez des espaces de travail différenciés : vous pouvez mettre en place plusieurs stations sur lesquelles les étudiants vont tourner lors d’une session de classe. Par exemple : station 1 : vidéos de cours ; station 2 : réflexion de groupe sur un problème ; station 3 : exercices ; station 4 : groupe avec le professeur.

21. Instaurez des QCM rapides en début de cours : grâce à l’utilisation de “cliqueurs” (“clickers” en anglais, ou “student response systems”), qui sont des télécommandes qui servent à chaque élève à donner une réponse (A, B, C, D, etc.) lorsque le professeur pose une question, vous pouvez voir instantanément si vos élèves ont bien compris un concept. C’est un moyen très pratique pour tester leurs connaissances sur les ressources que vous leur avez demandé de voir avant d’arriver en classe. Ces tests peuvent éventuellement compter comme une note étant donné que les réponses sont enregistrées sur un ordinateur.

Pour déterminer quelles questions entraîneront le plus de réflexions et de discussions intéressantes, ajoutez sur chacune de vos ressources de cours un champ où vos élèves pourront vous indiquer ce qui leur a posé problème dans la leçon. Cela peut se faire grâce à un LMS ou à Google Forms, il suffira d’ajouter une question où ils auront le champ libre pour s’exprimer sur leurs difficultés. Basez-vous ensuite sur leurs retours pour préparer les questions que vous leur poserez en classe.

Une méthode qui fonctionne bien est d’expliquer rapidement aux élèves le concept que l’on veut leur faire comprendre, puis de leur faire passer le QCM en procédant en deux étapes pour chaque question : dans un premier temps, présentez la question à votre classe (si possible avec un projecteur), et demandez-leur d’y répondre individuellement avec leur cliqueur. Ensuite, laissez-leur une ou deux minutes pour discuter de la question avec leurs voisins, et faites-leur choisir à nouveau une réponse. Cela leur apprend à réfléchir et argumenter de manière rapide et claire. Pour chaque question, une fois les deux séries de réponses validées, guidez-les vers la solution via une discussion de classe.

IV. Suggestions pour la progression individuelle

A l’inverse des idées précédentes, celles-ci ne fonctionneront que si votre classe suit le modèle de progression individuelle, autrement dit : chaque élève avance à son rythme.

22. Utilisez des objectifs personnalisés : demandez à vos élèves de se fixer leur propres objectifs, par exemple “compléter le module sur la division cellulaire d’ici lundi” ou “finir le projet de groupe sur les énergies renouvelables pour le mois prochain”. C’est une façon de les responsabiliser et de les motiver grâce à un but concret à atteindre (comme vu dans le point 15).

C’est aussi une bonne occasion de discuter avec chacun d’entre eux, de s’assurer qu’ils prennent en main leur apprentissage, de passer en revue leur progrès (ce qui est gratifiant et rassurant pour l’élève), de découvrir les méthodes qui fonctionnent pour eux, d’analyser ce qu’il s’est passé lorsqu’un objectif n’a pas été atteint, et de les aider sur d’éventuelles lacunes. A vous de voir à quelle fréquence vous souhaitez proposer ces sessions : chaque jour, chaque semaine ou chaque mois, ou encore en fonction du degré d’indépendance de chacun. Il est préférable que ces objectifs vous soient visibles à tout moment si vous voulez vous assurer que les élèves jouent bien le jeu et respectent les dates qu’ils se fixent.

V. Idées pratiques

23. Questionnez vos élèves individuellement et faites-les se questionner entre-eux : lorsque vos élèves travaillent en groupe, posez des questions à chaque élève du groupe, plutôt que de vous contenter de voir leur présentation finale. Cela va éviter d’une part qu’il y ai des “passagers clandestins” qui ne font aucun effort, et d’autre part que le groupe se trouve dans une situation où chacun n’a travaillé que sur sa partie et ne sait pas vraiment ce qu’ont fait les autres. Le but est qu’ils travaillent ensemble, assurez-vous donc qu’ils aient tous une vision globale du projet et qu’ils en comprennent bien chaque élément.

Variante : demandez aux élèves de trouver eux-mêmes des questions que l’on pourrait poser sur leur sujet. S’il est prévu que ce projet soit présenté en classe, ils pourront effectivement poser ces questions aux  élèves des autres groupes pour les faire réfléchir et participer.

24. Utilisez les expertises de vos élèves : Salman Khan résume très bien ce point : “au début de l’année scolaire, demandez à vos élèves leurs passions et ce pour quoi ils sont doués. Faites-vous une liste des élèves experts, et sollicitiez-les dès que possible durant l’année. Une classe où les élèves enseignent est une classe où les élèves apprennent.”

25. Ecrivez ce que vous attendez d’eux : à la fin de chacune de vos ressources de cours, mettez une liste de “questions auxquelles vous devriez pouvoir répondre à ce stade”. Cela permet aux élèves de voir ce qui est important à retenir et ça leur permet de se tester. C’est aussi pratique pour vérifier qu’on se souvient bien d’anciennes leçons, car il suffit de vérifier qu’on peut répondre aux questions plutôt que de relire tout le cours. Ces questions peuvent par exemple se trouver dans la description des vidéos Youtube (si c’est l’outil que vous utilisez).

26. Affichez une liste “j’ai besoin d’aide sur…” : quand un élève bloque sur quelque chose, il peut le noter sur un document affiché dans la salle de classe (ou en ligne), ce qui permet aux autres de lui apporter leur aide s’ils s’en sentent capables. Le professeur peut bien sûr lui aussi apporter son aide, mais il est encore mieux de faire en sorte qu’ils s’entraident automatiquement. Dans les débuts, vous aurez peut-être besoin de désigner des élèves quand vous savez qu’ils peuvent proposer leur aide, afin de “lancer la machine”, en leur expliquant que vous attendez d’eux qu’ils le fassent spontanément. Option : quand des élèves bloquent sur un problème qui est déjà listé, ils peuvent ajouter leur nom, et ils pourront ensuite faire un groupe pour travailler ensemble sur ce problème, avec ou sans aide extérieure.

27. Utilisez une boite à idées : à mettre dans votre salle ou en ligne pour recevoir leurs suggestions concernant tout ce qui peut toucher à la vie de classe. Il est important de montrer à vos élèves que leur avis compte pour vous, et ils se sentiront plus à l’aise dans un environnement qu’ils ont en partie façonné.

28. Proposez un système de récompense pour les motiver : un système de points ou de badge peut être efficace. Si vous souhaitez afficher les récompenses de chacun à la vue de tous, pourquoi pas, mais pour éviter que les élèves ayant le moins de points soient découragés en voyant leur retard, il vaut peut-être mieux proposer du “time-boxing”, c’est-à-dire, faire des challenges temporaires (par exemple : “qui gagnera le plus de points aujourd’hui ?”). Cette idée peut nécessiter un outil en ligne tel qu’Edmodo et Moodle, qui proposent un système de récompenses.

Comme toujours, cette liste n’est pas exhaustive, et vous seul êtes juge de la pertinence de ces conseils pour votre classe. Enfin, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et de vos expériences dans les forums !